Un jeune compositeur - Nicolas Pavo
Nicolas Pavo

Moi et la vie de jetset, ça ne fait qu’un! J’adore Montréal et New-York pour y passer du bon temps aux meilleures tables et dans les meilleures clubs. Travaillant très fort dans le domaine de l’investissement, j’aime bien profiter de la vie en mangeant bien et en écoutant les derniers hits des meilleurs DJ de ces deux métropoles. Ce blogue, c’est lorsque je prends du temps chez moi, pour vous faire part de mes pensées et de mes expériences. Bonne lecture!

Un jeune compositeur

Un jeune compositeur - Nicolas Pavo

Habitué à vivre seul, je n’avais pas envie d’habiter dans un quartier trop tranquille. Le centre-ville me convenait mieux. Je pouvais sortir le soir quand je le voulais, c’était la principale raison de mon choix. J’avais un voisin très paisible. J’entendais à travers sa porte, lorsque je passais devant chez lui, de la musique classique. J’ai une certaine connaissance dans ce domaine, car j’ai suivi des cours de piano quand j’étais plus jeune. Les accords de Liszt, la musique de Chopin, me replongeaient dans un univers que j’avais laissé derrière moi depuis longtemps, et qui m’inspirait une certaine nostalgie.

Un soir, je rentrais tard, et je vis mon voisin, en pyjama, qui se promenait dans le couloir commun à nos habitations. Il n’eut pas l’air de m’apercevoir, il passa près de moi, pressé. Il s’engouffra dans l’entrée de l’immeuble et disparut dehors. Inquiet, je le suivis. Il traçait son chemin dans la nuit d’un pas assuré. J’essayais de le rattraper, je l’appelais, mais jamais il ne s’arrêtait. Il tourna dans une ruelle. Il disparut alors de ma vue. Je courais, maintenant, pour le rattraper. Au fond de la petite rue, sa silhouette se découpa dans la lumière de la lune. Il tourna à gauche. Je me fis la réflexion que cette poursuite était absurde. Ceci dit, comme je voulais maigrir rapidement, c’était l’occasion de faire de l’exercice.

Le vent se fit plus froid et plus présent. Je sentis que le bout de mon nez s’était réfrigéré. Ma tenue n’était pas adaptée aux nuits printanières encore fraîches. J’arrivais, enfin, presque à la hauteur de mon voisin. Il se tenait devant une vitrine de boutique. Les principaux objets exposés étaient des disques de vinyle. Je me rapprochais. Sur l’un d’eux, je reconnus, mais en plus jeune, mon voisin. Il se tourna vers moi. Il m’expliqua qu’il avait été compositeur et que son heure de gloire était passée. Il n’avait conservé aucun des enregistrements de cette époque. La découverte sur Internet de ce disque dans ce magasin l’avait poussé irrésistiblement pour aller vérifier de lui-même si vraiment, ils l’avaient. Il savait bien que le magasin n’ouvrirait que plusieurs heures après, mais il avait eu l’espoir d’apercevoir le disque qu’il cherchait. Je ne lui fis même pas remarquer qu’il n’avait pas les vêtements qui convenaient pour sortir. Il avait un air heureux et épanoui. Je me souviendrai toujours du lendemain, quand je lui apportai un paquet. Le disque était à l’intérieur. Jamais je n’avais vu quelqu’un exprimer autant de joie.